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dimanche 20 décembre 2015

Sortie de Noël en famille

Bonjour à tous, de retour pour de nouvelles tenues historiques. C'est la première fois que j'arrive à faire une tenue complète (deux en fait) depuis mon retour au travail et ça me rend hyper-fière ! J'ai réussi à faire face à une grosse période de surmenage tout en achevant complètement un costume.

L'idée c'était d'amener ma fille voir les décorations de Noël au château de Vaux le Vicomte, elle arrive à l'âge où elle adore regarder les lumières, les guirlandes lumineuses. Comme elle dort peu, surtout la journée (une seule courte sieste en début d'après-midi) cela nous permettait de faire une promande sympathique en famille et en costume. Car oui, c'était prévu pour elle contrairement à ce que certains ont pensé: "Ca devrait être à la sieste l'après-midi à cet âge-là !" (entendu pendant la visite parce que ma fille baillait). Elle aime se promener, être dans les bras, regarder les gens et les choses qui brillent...d'ailleurs elle a parfaitement joué le jeu, très calme.
C'était aussi très sympathique pour moi de revoir certaines connaissance dont j'apprécie la compagnie en costume. Mon époux a décidé peu de temps avant de nous accompagner, ce qui m'a fait très plaisir, il a voulu venir avec sa tenue dix-huitième faite en 2012, ce qui explique le léger décalage avec ma fille et moi.
Hormi certains visiteurs pas très bien élevés (prennent en photo ma petite sans demander, lui flanquent le flash bien dans les yeux dans des pièces sombres...) la plupart ont été adorables et très agréablement surpris de la présence en costume d'un tout petit. Le château lui a offert une petite figurine d'un cheval avec des fées à mettre dans sa chambre, jolie petite attention !
J'ai vraiment pris du plaisir à allier ainsi l'utile (la promenade du samedi après-midi post-sieste) et l'agréable (visite de château, décorations, costumes).

Parlons un peu costumes: je m'étais lancé un gros défi, je voulais absolument changer d'époque; je voulais quitter le dix-huitième que j'ai toujours porté à Vaux et aller vers le dix-septième. Pour moi cela représentait une sorte d'everest, des robes plus compliquées, plus chargées en décoration, plus ajustées... Mais la vision du film Tale of Tales avait fini de me décider. J'ai littéralement eu le coup de foudre pour les costumes et le visuel du film; en particulier pour les tenues de ce personnage:
Once Upon A Blog...: New "Tale of Tales" Trailers, Posters, Descriptions & TONS of Stills!:

Screen+shot+2015-05-09+at+2.05.29+PM.png (797×394):

Tale of Tales #Passionchateau 02:
Après avoir bien cherché des inspirations historiques et des modèles j'ai opté pour ces sources:
 "Portrait of a Lady", 1667, by Gabriël Metsu (Dutch, 1629-1667). Dating to the last year of Metsu's tragically short life, this exquisitely preserved panel reveals the elegant and ornate style that he was developing in response to trends in contemporary Dutch portraiture at mid-century. Although unidentified, the sitter was a woman of status and wealth as evidenced by the opulence of her dress and furnishings.: Princess Eleonore of Palatinate-Neuburg, artist unknown, circa 1680: 1660_SilverTissueDress_MusFashionBath.jpg (800×1000):
J'avais en stock deux coupons de jacquard de coton que j'avais réservé pour une robe (coupons de saint pierre) de cette époque et une paire de rideaux en jacquard également que j'avais acheté il y a fort longtemps en brocante.  
Avec les rideaux j'ai crée une jupe et ensuite j'ai serré au maximum pour plier un manteau de robe et un corsage dans les 6 mètres de tissus que j'avais. 
La doublure du corsage est un taffetas de coton (indigotex) et la triplure un coutil qui me restait (Vena Cava design).  

Pour la construction j'ai utilisé un patron Reconstructing History pour le corsage (d'ailleurs grrrrrrr !! ça taille TOUJOURS trop petit), j'ai galéré pour arriver à la bonne taille, j'ai du piécer beaucoup avec du lin-coton issu de mon stock: 





Ensuite niveau technique c'est simple à expliquer mais long à faire: j'ai piqué main chaque pièce du corsage pour créer des emplacements pour les baleines entre la doublure et la triplure; j'ai inséré les baleines (platiques, en 7 milimètres) puis j'ai recouvert avec le tissu extérieur, bien tendu. Enfin j'ai assemblé mes morceaux et couché les coutures en les fixant bien. Enfin j'ai ajouté les manches. 
J'ai tenu, malgré la difficulté à bien respecter la construction d'époque, j'ai donc un corsage indépendant avec des petites tassettes et un laçage au dos (pour le lacet je n'avais rien qui convenait j'ai tressé du fil de soie). Le manteau de robe est fixé sur un sergé qui vient s'attacher de chaque côté du corsage devant par des crochets et une sorte de languette en fil brodé sur le devant du corsage. 



TOUT a été fait à la main, y compris les grandes coutures de la sur-jupe ou du jupon, les plis canons aussi, j'ai résisté à la tentation d'utiliser la machine et j'en suis très fière. 

Dessous j'utilise mes poches indépendantes: 


Enfin je porte dessous une chemise à manches très larges que j'accroche avec des rubans de soie. Et pour la décoration, j'ai posé des bandes découpées dans la soie et des rubans de coton (maison SAJOU). 


Historicité/niveau de satsfaction: Plutôtcontente du rendu mais pluseurs petits soucis que je règlerais si je devais refaire ce genre de robe: 
- le patron : je pense que je devrais élargir certaines pièces pour me donner de l'aisance et éviter au corsage de sans cesse "remonter"; en particulier creuser bien davantage les tassettes. 
- les baleines, je pense qu'il faut passer à quelque chose de plus rigide encore, certainement de l'acier; là pour avoir un rendu correct j'ai du mettre mon corset dessous alors que normalement le corsage de la robe suffit. 
- j'ai un buste hyper court et il me faudrait privilégier des modèles de tenues ou robes à taille plus courte que celle-ci, néanmoins j'ai apprécié la silhouette qui rendait vraimen bien et l'absence de contrainte sous les jupes, c'est agréable. 
- Je sais que l'histricité des tissus est loin d'être parfaite mais j'ai vraiment apprécié le côté "naturel" du rendu, cela faisait vraiment petite bourgeoisie mais pas "toc". 

A cela j'ai ajouté une tenue pour ma fille; j'ai trouvé l'inspiration dans cet article génial. 
 Pour elle aussi j'ai cousu main, j'ai fait le patron moi-même, un peu grand au cas où on veuille réutiliser le costume ce printemps.

et pareil pour la petite coiffe, j'ai fait sur-mesure en m'inspirant des images glannées ça et là.

Pour les matériaux j'ai utiliser des dentelles anciennes achetées en brocante, mon rideau-jacquard et du voile de coton (indigotex) associé à du lin (coupons de saint pierre).

Voilà, je vous laisse avec de jolies photos d'illustration:


















Je dis un grand merci à l'organisatrice de cette journée qui a toujours un mot gentil pour nous et qui prend très au sérieux son rôle lors de cet évènement. 
Je vous quitte avec les photos bêtisier de fin de journée:





mercredi 18 novembre 2015

Trucs de meufs.

Allez aujourd'hui je m'attaque à un sujet assez sensible... j'ai longtemps hésiter à en parler mais après tout pourquoi pas..

Donc non que je veuille à tout prix virer mes lecteurs masculins (s'il y en a) mais on va parler règles, menstruations... bref SHL de leur petit nom (serviettes hygiéniques lavables).  A l'heure ou la fameuse taxe tampon fait parler d'elle j'ai presque fait un acte militant en me lançant dans la fabrication et l'utilisation de mes propres SHL (car non chers parlementaires la mousse à raser et les serviettes, c'est pas pareil, une femme ne PEUT PAS se passer de protection hygiéniques alors qu'un mec qui ne se rase pas, c'est presque cool !).

Alors d'abord comment j'en arrive là ?
- d'abord parce que depuis toujours je subis des allergies, irritations, mycoses avec les serviettes hygiéniques/tampons vendus dans le commerce, vraiment à des niveaux intolérables. Je ne supportai qu'une seule marque qui a changé dernièrement ses revêtements et que je ne tolère plus, du coup. Donc je devais me fournir en pharmacie et à 6 euros la boîte de 12...si peu qu'on soit un peu hygiéniste ça revient très très très cher.
- ensuite parce que j'ai vécu un accouchement, des changements de couches, l'allaitement...et bref que tous ces petits évènements vous rendent vraiment moins sensible niveau hygiène et lavage, trucs sales tout ça tout ça...  et puis que j'ai dû recourir au moins 3 mois aux serviettes hygiéniques récoltant là la pire crise de mycose de ma petite vie (ça fait vraiment mal !).
- parce que j'ai découvert la théorie du flux contrôlé et que non je n'y arrivais pas du tout avec un bébé à la maison mais que ça m'a permis de découvrir ce qu'étaient les SHL et petit à petit l'idée a fait son chemin.
- En tout cas ce n'est vraiment pas par souci d'écologie mais vraiment par désir de confort.

Les inspirations/le cheminement:
- J'ai d'abord prospecté pour trouver des renseignements, je voulais savoir à quoi ça ressemlait, combien ça coûtait, si c'était contraignant... alors j'ai été voir dans des magasins BIO (ben ouai c'est là qu'on voit aussi des couches lavables)... eh ben BON COURAGE. Je n'ai jamais pu en trouver et personne n'a été capable de me renseigner sur le sujet. C'est que c'est encore bien un sujet tabou apparemment...
- j'ai fouillé interet et j'ai trouvé un fabriquant qui fait de jolies choses et qui explique bien, c'est PLIM.  
- Ensuite j'ai vu les prix et j'ai calculé en fonction du nombre qu'il en faudrait pour bien faire et là ..... AIE ! C'est hyper cher ! Il faudrait investir pas loin de 200 euros... 
Mon âme de couturière a parlé et j'ai regardé ça en me disant que dépenser 20 euros pour un machin pareil, fallait pas exagérer... autant le faire soi-même, ça devait pas être si compliqué. 
- Et là je suis tombée sur CE blog génial ou l'auteur a eu le courage de montrer comment on fait soi-même, avec de la récup en plus. Alors j'ai dit, allez, j'essaie, ça ne me coûtera pas grand chose. 

La réalisation: 
Alors niveau matériel j'ai utilisé plusieurs choses et j'ai essayé différentes techniques en cherchant au fur et à mesure ce qui était le mieux. 
J'ai utilisé: 
- deux serviettes éponges usées 
- du coton blanc découpé dans des chutes de draps dont je me servais pour faire des doublures 
- du PUL ou tissu imperméables que j'ai acheté sur Amazon (11 euros les trois coupons) 
- des pressions, j'ai essayé à coudre et à "pincer"; pour cet usage les secondes sont beaucoup plus fiables car plus grosses , souvent. (environ 12 euros pour deux boîtes) 
- on peut utiliser du biais, je l'ai fait sur une, c'est mieux fini mais ça peut être fastidieux. 
- enfin autre option: on peut remplacer la serviette éponge par des insert en coton, micro fibre ou fibre de bambou  dont on se sert dans les couches lavables pour bébé, ça absorbe bien et c'est plus confortable (environ 15 euros les 12 sur Amazon). 


Je me suis servie de mes serviettes habituelles pour tracer des patrons. 


On attache les morceaux d'éponges ensemble et au PUL (fond de la serviette), la couture au milieu est importante car c'est ce qui permet à la serviette de se plier pour plus de confort. 



On attache ensuite la couche supérieure de la serviette et on peut border en laissant une petite fente pour retourner le tout. 

On peut poser un biais pour mieux finir le tout. 




On ajoute les pressions et HOP le tour est joué. 





J'en ai fait autant que mon tissu imperméable le permettait, soit une dizaine en tout plus deux filets de rangement et de lavage.  Des extra longues et des moyennes, blanches et plus fun pour tous les usages. 

Après quatre-cinq mois d'utilisation (j'en ai fait d'abord quelques unes pour essayer puis j'ai étoffé la collection pour n'utiliser que ça et laver moins souvent) le bilan est plutôt positif, je n'utilise plus que celles-ci et garde quelques serviettes jetables pour les moments où je suis en vacances ailleurs que chez moi, en sortie pour une ou plusieurs journées. Je vais dresser un bilan honnête: 
Avantages:  
- le CONFORT c'est tellement plus agréable que du papier ou du plastique, on ne les sent tellement pas qu'au début on a un peu peur de tout tâcher... 
- effectivement, pas d'odeur du tout, on a l'impression que ça "respire" bien plus 
- plus une seule mycose ou irritation, oui, vraiment 
- le côté joli, rigolo, ça change 
- on peut varier les formes et l'adapter vraiment à sa morphologie 
- ça reste plutôt bien en place 
Inconvénients:  
- moins grande absorption que les jetables, on peut "traverser" si on ne fait pas attention, il faut vraiment en changer plus souvent; pas question pour les gros flux de garder la même lus de trois ou quatre heure. 
- de plus quand la serviette est pleine on peut ressentir une sensation d'humidité, pour ma part j'en change plus souvent et c'est tout
- à transporter en dehors de chez soi c'est un petit peu plus encombrant, bien qu'on puisse les plier et les attacher avec les pressions 
- ce n'est PAS ECOLO DU TOUT, ça demande beaucoup d'eau pour laver tout ça, je parlerai rapidement après de la méthode de lavage. 
- ça prend un peu plus de temps à laver qu'à jeter et il faut prévoir un endroit où les stocker durant le trempage. 
Autres conséquences: J'ai aussi remarqué des conséquences plutôt inattedues 
- mon flux s'est considérablement modifié depuis que j'utilise ces serviettes; avant ça durait longtemps avec un flux moyens, maintenant j'ai un flux abondant mais cela cesse beaucoup plus vite. En faisant quelques recherches j'ai vu que les femmes qui adoptent la méthode du flux contrôlé constatent aussi ce genre de modifications, comme si (vraiment pardon pour celles qui ont du mal avec ça mais je dois bien expliquer) c'était plus "libre" de couler. Je crois que c'est seulement la preuve indubitable de l'existence de perturbateurs endocriniens dans les formules des serviettes hygiéniques jetables. Je ne vois pas pourquoi sinon on constaterai un tel changement. Raison de plus pour moi, de les abandonner. 
- j'ai tellement apprécié le contact et l'absence de souci de peau que j'ai adopté des couches lavables pour ma fille chaque fois qu'elle est tranquille à la maison (je ne veux pas imposer mon choix à la nounou, et quand on sort même souci qu'avec les SHL ça peut être très vite mouillé, il faut pouvoir vite en changer). 

Pour les laver (concrètement):  Là j'ai un peu galéré car les conseils donnés sont parfois assez peu précis ou inefficaces. Maintenant j'ai ma propre méthode qui fonctionne bien car elles sont toujours comme neuves et parfaitement blanches. 
- Dès que possible (l'idéal c'est quand on en pose une, quand on est à la maison) je rince à grande eau, j'essore jusqu'à ce que l'eau de rincage soit claire. Peu importe la température pour moi, l'important est de bien essorer entre chaque rinçage. 
- je frotte un peu avec du savon, une brosse à linge ou une éponge grattoir (ça me prend vraiment à peine une minute), le plus gros a déjà disparu. 
- J'entrepose dans un seau à l'abri des regards (avec couvercle ou face souillée dessous), j'attends qu'il y en ai quelques unes.  
- Je fais tremper avec du détachant pré-machine du type sanitol ou vanish pendant 24 heures avant de passer en machine à 90° 
- une fois que j'ai fini de m'en servir je les re-trempe et lave une fois avant de les ranger jusqu'au mois d'après. 

Voilà en conclusion je dirai que je le conseille uniquement à celles qui se le sente, qui n'ont pas de souci avec ça et qui sont à l'aise avec l'idée de laver à la main; à celles aussi qui font beaucoup de machines et que ça ne dérange pas de consommer beaucoup d'eau. Pour ma part je n'en suis vraiment pas déçue, je pense que plus jeune je n'aurais pas voulu le faire mais j'aurais bien aimé savoir que c'était une alternative possible avant; voilà pourquoi moi j'en parle librement. 
Je ne le vis absolument pas comme un "retour en arrière" comme je 'entends parfois, nous avons maintenant des matériaux et des outils de lavage tellement différents que ça n'a rien à voir avec ce qu'on connu nos grands-mères. 
En espérant avoir été utile à certaines et n'avoir choqué personne.