mardi 23 juin 2015

Costumes de danse (la fin) tenues de pirates grands siècles

Voilà la dernière partie du retard que j'ai à combler pour vous présenter tout ce que j'ai terminé depuis la naissance de ma fille.

Nous avons travaillé une gigue d'inspiration baroque sur une musique moderne issue de la B.O de Pirates des Caraïbes. Nous voulions donc des costumes pouvant aller avec cette musique ultra-célèbre. Notre seul garçon avait déjà un costume XVIIIe que j'avais confectionné pour la journée Grand-siècle il y a maintenant deux ans. Je me suis donc dirigée vers des tenues inspirées de ce qui se portait fin XVIIe-début XVIIIe en croisant ça avec des inspirations plus "populaires" pour les dessous.

Mon idée était par exemple de mélanger des tissus d'apparence plus nobles (jacquards) avec des cotons à carreaux pour le côté populaire.
J'ai utilisé le patron RH pour les corsets courts (il fallait pouvoir danser).

 J'ai pensé à des jupes retroussées plutôt qu'à des pantalons (sur les gravures de pirates femmes on les représente en pantalons) parce que je pense que dans ces représentations on caricature le côté "masculinisé" de ces femmes pour souligner le choix contre-nature qu'elles ont fait en s'embarquant. D'ailleurs sur les illustrations on les représente aussi les seins à l'air... or je doute qu'une jeune fille, même d'un milieu populaire, élevée dans des sous-vêtements rigides (corsets, corselets...) jette tout aux orties en devenant pirates et s'expose seins  l'air au risque d'être un objet de violence sexuelle perpetuellement.
D'ailleurs il semble selon des sources douteuses que la plus célèbre des pirates femme, Anne Bonny était la fille d'un procureur... l'autre Mary Read s'habillait en homme (on comprend facilement pourquoi). Pas de seins à l'air, donc, sauf dans les fantasmes populaires.

Revenons-en à nos moutons; qui dit jeunesse aisée, dit sous-vêtements contraignants et donc habitude d'être soutenue; gardons au moins un corset.
Qui dit femme qui veut rester habillée en tant que tel dit jupe, jupon (sauf si vraiment câtin auquel cas on pourrait peut-être se passer de plusieurs couches de jupes... et encore ça se discute).
Et enfin pour danser on doit retrousser un peu: voilà le pourquoi du comment des tenues.

Je précise que le travail est mi-histo, comme souvent chez moi; j'ai essentiellement travaillé à la machine et fait les finitions à la main du type pose du biais, ourlets (oui ! sur 4 jupes de 3 mètres chacune c'est lourd)... Les baleines sont en plastique, les corsets triplés avec du calicot ancien et doublé avec du lin-coton.

Photos du travail de construction:





Moui alors ne vous méprenez pas, surtout si vous débutez, ces doublures sont posées de façon moderne, pas pièce par pièce. Les oeillets aussi 100% métal pas histo-du-tout mais il est clair qu'en deux mois faire 3 corsets et avec un bébé à s'occuper... pas question de les broder un par un. 


Et un peu pour la construction des jupes, elles sont retroussée par des liens posés de manière invisible sur les coutures rabatues des côtés (long travail pour rabattre les lisières à la main dessous). Je vous montre la mienne que je voulais faire de manière histo pour pouvoir la reporter avec autre chose (projet à long terme). J'ai donc utilisé la méthode des "fameux" plis canons, c'était la première fois que j'en faisais sur un tissu aussi épais; j'ai vraiment beaucoup aimé les explications de Marion qui m'ont aidée. 



 Et voilà les résultats:
(J'avais aussi fabriqué un gilet masculin avec toujours un patron RH, doublé avec le tissu de nos jupons.)








Voilà pour toutes ces tenues enfin achevées, à bientôt pour de nouveaux projets. 










lundi 22 juin 2015

Costumes de bal regency

J'y travaillais déjà quand j'ai accouché de ma fille et j'ai enfin terminé les costumes de danse regency. Rapelez-vous cela devait ressembler aux costumes de bal vers 1810 mais avec des contraintes de budget et de solidité propres à la pratique de la danse ancienne en association.

Après quelques déboires voici les trois robes terminées:


J'ai utilisé les patrons regency de Sense and Sensibility patterns, je suis heureuse de l'avoir acheté car pour enciron 15 livres j'en suis à ma 7e robe avec et il fonctionne toujours très bien, pour toutes les tailles et morphologies. 
Le lien vers le modèle: ici. 

Pour coller aux modèles existant de costumes de bal et de danse j'ai ajouté des fleurs fabriquées et cousues à la main. Ce fut long, chaque pétale/feuille est découpé, passé à la flamme (tissus synthétiques) puis assemblé à la main aux autres et le tout fixé toujours à la main sur la robe.

Je suis très satisfaite du rendu, du tombé des robes malgré les compromis sur l'historicité que j'ai dû faire. Petit bilan:

- la robe que porte Christelle, celle avec la guirlande est de la bonne longueur pour danser, j'aime sa décoration et le volume dans le dos, elle bouge extrêmement bien.


- celle portée par Marina à fermetures portefeuille met plus en valeur les morphologies à petites poitrines du fait des pinces et de sa taille plus basse. Je trouve en revanche qu'elle est un peu plus figée et manque un peu de volume et gare à avoir un jupon car je l'ai apperçue s'ouvrir. 

- et puis celle qui m'a le plus de soucis (et celle sur laquelle j'étais en train de travailler quand j'ai perdu les eaux pour l'anecdote) est aussi celle qui me plaît le plus. J'ai eu du mal car elle était trop courte: 

J'ai dû la rallonger vite-fait et du coup j'ai été trop zellée car elle était ensuite un peu trop longue du coup :-(   Mais sa couleur et le tombé hyper-fluide de la mousseline sur satin m'a vraiment plu. C'est un paradoxe car les tissus sont 100% synthétiques mais j'ai le sentiment que c'est elle qui se rapproche le plus du mouvement que devaient avoir les robes de bal de l'époque: 






Voilà pour ces robes, la suite des costumes de danse dans un autre post. 



dimanche 21 juin 2015

Reprise couture

Bon, il était temps de faire le point sur ce que j'ai cousu depuis la naissance de ma fille... beaucoup de choses, toutes en préparation de la journée costumée sur le thème de Louis Braille que l'association Val d'Atours avait organisée sur la commune de Coupvray.

J'étais en train de travailler sur les robes de danse quand je suis allée accoucher, depuis j'ai fini, j'attends d'avoir plus de photographies pour vous les montrer.

En attendant je vais vous montrer ce que j'ai cousu pour ma fille, âgée de presque quatre mois afin qu'elle nous accompagne lors d'une animation costumée au musée Louis Braille.

J'allais porter à nouveau ma tenue romantique 1830 et il fallait que je l'assortisse avec moi. J'ai commencé par coudre une petite coiffe. J'en avais acheté une ancienne en brocante qui était en piteux état (soie fusée) et trop petite pour ma fille qui est un grand bébé.  J'ai repris la construction et l'idée, un fond arrondi et une partie bouillonnée dessus. J'ai utilisé du voile de coton.  Les sules différences notables sont que j'ai accentué la taille du bouillonné parce que je n'ai pas eu la patience de faire des coutures si fines et que je voulais donner plus de volume pour coller à l'époque un peu extravagante.

L'original, pour nouveau-né. 


Le mien. 

La doublure à l'intérieur. 


Et puis pour aller avec ça  j'ai cousu une petite robe doublée en voiles de coton aussi:


L'envers.

Pardon pour l'aspect froissé, j'ai pris les photos le soir, après que la robe ait été portée. 

Et puis pour compléter la tenue on avait ajouté un petit bavoir-tablier chiné en brocante: 


Une petite cape en laine et soie fabriquée il y a un demi-siècle par ma mamie pour ma man et une paire de chaussons tricoté par la même pour ma fille: 


Et voilà la fifille avec sa maman et avec mon amie Costumière Hystérique de bébé qui a fait des photos et pris soin de ma fille comme une vraie nounou :-) Merci à elle.