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lundi 21 octobre 2013

Us et costumes: Cendrillon au bal

Il y a quelques temps, en croisant ma lecture d'un article de Lucie qui essayait de faire de la pédagogie à l'adresse des participants de GN  (Ici) et ce que j'avais commencé à éplucher dans les Magasins des demoiselles; j'ai eu l'idée de faire une série d'articles pour "résumer" ou "vulgariser" (au sens noble du terme) la prose d'époque à ce sujet.

Lancée dans la danse ancienne grâce aux cours de l'association Carnet de Bals je consacre le premier aux soirées de bal. L'article que je vais illustrer et synthétiser provient du Magasin des Demoiselles de Novembre 1857 de Madame de Simiane. 
L'article fait environ quatre pages pleines, d'où l'idée de "résumer" alors que c'est un procédé que j'affectionne peu en général. 

Je termine cette courte introduction avec l'objectif poursuivi. Cela peut passer pour une lubie de puriste mais ce n'en est qu'à moitié une. En effet nombre d'associations de costumés ou de reconstitution insistent dans leurs chartes sur l'importance d'accorder son comportement, sa manière de parler avec sa tenue. Et même un débutant en costume peut facilement adopter quelques "réflexes" historiques, il n'est pas question de technique, ni de moyen et cela donne très rapidement une allure très historique. 
J'ajoute qu'il y a quelque chose pour moi de très frustrant dans le fait de voir une belle tenue historique sur une personne qui agit en totale disparité avec sa tenue, par exemple (et l'article l'évoquera) ces jeunes filles absolument superbes qui tout d'un coup attrapent leur crinoline par le cerceau et la lève à une hauteur, certes, confortable pour marcher à leur aise mais totalement disgracieuse et mal-séante.


Voilà entrée en matière trop longue terminée. Allons-y pour les recommandations de Madame Simiane à propos des bals. 

Son premier conseil est à propos de la manière de répondre à une invitation, il est intéressant de savoir qu'elle fait une distinction entre bal et soirée; on doit obligatoirement répondre par écrit pour un bal et on peut se permettre un remerciement verbal lors d'une courte visite pour une "simple" soirée. 

Elle n'insiste pas beaucoup sur les tenues à adopter, en effet de nombreux articles dans la revue en expliquent les détails. En revanche elle insiste tout de même sur la nécessité d'adpater sa tenue à l'occasion et de ne pas aller "pour une réunion intime, s'habiller comme pour une grande soirée".

J'illustre par deux gravures du même magasine des années 1853/1854:

Robe de bal, ornements, accessoires et tenues très chargées. 
Robes de soirées plus "sobres". 


Ensuite l'heure de début des soirées est indiquée, l'auteur déplore l'habitude nouvelle qui consiste à ne pas arriver avant dix heures du soir; cependant il faut se conformer à la manière de faire du plus grand nombre. Les quadrilles ne s'organisent pas avant onze heures par conséquent. 

Quand à l'annoncée des visiteurs elle ajoute une petite précision qui n'est pas souvent respectée dans les films d'époque. En effet "un domestique jette au milieu du salon le nom des invités". Mais seulement jusqu'à ce que "la foule commence à se faire"; après cette formalité est supprimée. 

Elle rappelle brièvement les règles de discussions et de placement; l'hote doit indiquer des sièges à ses invités; les jeunes filles doivent être accompagnées tout le temps et se doivent d'aller serrer la main à leurs connaissances. 

Enfin elle en vient à son sujet d'importance: la danse et les usages à respecter. 
- le quadrille n'est plus très prisé par les jeunes filles, "exhume trois fois à peine par soirée ses figures surannées".
- en revanche on "polke, mazurke, redowe, scotishe" 
- la valse vient juste d'etre autorisée à Paris mais seulement à deux temps pour le moment (rythme que l'auteur juge très disgracieux). 
- le Quadrille des Lanciers est à la mode (mais là encore il ne durera que quelques hivers selon notre auteur)
- et évidemment le cotillon, où la jeune fille de la maison est invitée par le danseur qui conduit le cotillon. 

Fait très amusant, à cette date elle insiste sur le fait que les jeunes femmes n'ont absolument plus de carnet de bal, ni sur papier, ni sur éventail "une telle prévoyance parait maintenant hors de saison". Donc si la mémoire fait défaut et que deux cavaliers se présentent il faut renoncer à la danse et ne donner la préférence à aucun des deux "compétiteurs". 

La tenue de la femme doit être complétée d'un mouchoir, un éventail et quelque fois un bouquet. Quant à la robe, il est interdit dans les danses de couple de la tenir ou de la relever. En revanche dans le quadrille on doit la relever "très faiblement". Et la technique pour la relever est aussi précisée: "ne prenez pas votre robe en tenant vos mains rapprochées; éloignez-les au contraire presque autant que vous le pourrez, de manière à étendre la robe en forme de grand éventail".  

Voilà qui mérite illustration, évacuez l'image de Sisi qui traîne sa robe durant la valse, c'est inconvenant:

Remarquez aussi que Belle est dans le juste alors que Cendrillon non (clin d'oeil référence princesse disney): 


Et puis la robe tenue en éventail, ce n'est sans doute pas ça:
Quadrille Créole. 
Mais cette dame photographiée en robe marron à gauche à un bal à Vichy est sans doute dans le vrai: 



Autre détail: l'usage des gants. Il ne faut pas les retirer, ni pour prendre une pâtisserie, ni pour s’asseoir au thé. Lorsque l'on s'assoit il faut être très prudente et ne pas "étaler orgueilleusement ses volants" et ne pas "étouffer sous ses plis bouffants la robe d'une voisine". 
Il faut danser avec modération pour ne pas se montrer "trop fière du succès que l'on obtient" et ne pas se montrer de mauvaise humeur si les cavaliers oublient de nous inviter. 

Voilà pour les usages des bals en 1857-58. 

4 commentaires:

  1. la dame photographiée en robe marron à gauche à un bal à Vichy est sans doute dans le vrai !
    oui puisqu'elle représente l'impératrice eugénie, les autres aussi puisque nous faisons de la reconstitution historique, nous devons être le plus prés possible de l'époque.nous étions les organisateurs de cette journée ,

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  2. votre première photo est celle de mon groupe, les dernières personnes non même pas le visage cacher ! je ne sais pas ou vous l'avez eu , mais delà a la publier .....

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    1. Alors d'abord bonjour et merci d'avoir passé un peu de temps à lire cet article même si c'est pour me tomber dessus un peu brutalement un an et demi après et sans dire un mot du contenu didactique.
      Soit... pour répondre à peu près précisément, je soulgne que la dame agit conformément à un texte ancien, qu'elle représente une impératrie ou non, ça ne change rien; j'en ai vu des soit-disant Eugénie avec peu de souci de reproduire fidèlement le modèle annoncé, donc il me semble que c'est toujours élogieux de dire quand c'est bien fait. Vous faites de la reconstitution, je ne doute pas de votre sérieux mais comme nous tous, parfois certaines attitudes modernes nous ratrappent, ce n'est pas un drame et pas un affront que de le dire.
      Quant à la provenance des photographies, comme le montre la marque elles proviennent du site du journal Ouest-France; elles illustraient un article sans qu'aucun visage ne soit caché. Si vous avez organisé des évènements public vous devez savoir que vous renoncez de fait à votre droit à l'image, cela est généralement mentionné dans les conventions, contrats, décharges....signées avec les municipalités (je suis aussi présidente d'association, je suis au courant de ces problématiques). Par égard pour les personnes les plus reconnaissables j'avais pris sur moi de cacher leurs visages, pour les autres la photographie n'était pas assez grande ou d'assez bonne résolution pour permettre une reconnaissance formelle sauf à les connaître personnellment. Cependant je n'étais pas obligée de le faire et j'aurais pu me contenter d'un lien vers la photo originale puis qu'elle était publiée sur un journal...
      Maintenant je peux les supprimer si c'est à ce point choquant pour vous de souligner que des participants à des évènements publics sont des humains qui font quelques erreurs mais qui le plus souvent, lorsqu'ils sont costumés font correctement les choses !

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  3. bonsoir ,je ne critique pas loin de la , cela ma juste surprise, comme vous je defend les costumes historique , car comme vous le dite la modernité rattrape l'ancien ! c'est bien dommage. quand a votre contenue il est très bien fait, je sais le travaille que c'est car j'en est un moi aussi ,c'est du temps! je suis présidente d'un groupe , mais la couture c'est pas pour moi ,j'envie les personnes qui s'avent coudre. moi je décor ! sens propre et ... ne supprimer pas la photo ,mettez la vraie mes jeunes sont très beau ^^ cordialement

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